For the Queen

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Difficulté (orga/joueur) : 1 / 1
Durée : Si ce n'est pas précisé alors la durée est exprimée en heures
1 / 2
Langue : anglais
MJ : Sans
Nombre participants : Nombre de participants tel qu'indiqué dans les règles ou préconisé par notre expérience du jeu
2 à 10
Note : Un ressenti sur le jeu, subjectif et purement indicatif

♥ : bien
♥♥ : vraiment bien
♥♥♥ : excellent
♥♥♥♥ : exceptionnel

Ne dédaignez pas les jeux qui n'ont qu'un ♥ ! Ce sont déjà de bons jeux !
Et s'il n'y a qu'un point d'interrogation, c'est que je n'ai pas d'avis sur le jeu, ne l'ayant ni lu ni joué.
Disclaimer : je n'ai joué qu'une partie de ces jeux, pour les autres mon ressenti ne se base que sur la lecture.
♥♥♥♥♥
Prix : Payant
Physicalité : 0 : le jeu est joué à l'oral uniquement (les joueurs sont assis)
1 : physique modéré (les personnages sont joués physiquement mais l'activité physique est modérée : les personnages sont majoritairement assis par exemple)
2 : hybride (certaines parties du jeu sont jouées oralement, d'autres sont jouées physiquement)
3 : joué physiquement mais sans costume ni accessoire
4 : joué physiquement avec des costumes et des accessoires très simples
5 : joué physiquement avec des costumes, accessoires et un décor élaboré
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Ce jeu est magique

Ok les amis : n’y allons pas par 4 chemins, For the Queen est sans doute le meilleur jeu de rôle que j’ai eu la chance de voir au cours de ces 7 dernières années.

Oui, madame. Je vais t’expliquer pourquoi, mais déjà laisse moi te présenter le jeu.

For the Queen est le nouveau jeu d’Alex Roberts, une talentueuse créatrice de jeux à qui l’on doit déjà le très bon Star Crossed.

Depuis votre naissance, le royaume où vous vivez a toujours été en guerre.

La Reine a décidé d’entreprendre un long et périlleux périple pour négocier une alliance avec une puissance étrangère.

La Reine vous a choisi vous, et personne d’autre, pour être son escorte et l’accompagner dans ce périple.

Elle vous a choisi car elle sait que vous l’aimez.

Voilà comment se joue le jeu : à tour de rôle, nous tirons une carte et la lisons à haute voix.

Les 19 premières cartes nous expliquent les règles du jeu.

Les cartes suivantes posent des questions sur notre relation à la Reine, le périple, la guerre, etc..

C’est en répondant à ces questions que petit à petit se dessinent l’univers dans lequel nous jouons ainsi que nos personnages.  La Reine, ce personnage central, n’est incarné par aucun joueur. Elle a pourtant une place central dans l’histoire et chacun de nos personnages est amené à se définir dans sa relation avec elle.

Le jeu est prévu pour 2 à 6 joueurs, bien que j’ai pu y jouer sans problème à 8. Il n’a pas besoin d’un maître de jeu et les parties se jouent en 30 min à 2h.

J’ai acheté le jeu cette semaine car il est déjà disponible comme un module pour la plateforme Roll20 ( lien ). Je me suis empressé de le traduire et d’en faire ma propre version sur carte pour pouvoir le tester. Et c’est donc après 4 parties en 3 jours que je peux te mettre dans la confidence ..

.. ce jeu est tout simplement EXCELLENT !

Tu veux des preuves ? Ok, tu as raison. Après tout j’ai parlé du meilleur JDR pour moi sur ces 7 dernières années, il va falloir que j’assume et que je le prouve.

Mise à jour 1 : Le jeu est désormais disponible dans toutes les bonnes boutiques de jeux !

Mise à jour 2 : il a été chroniqué par Radio Roliste ici : https://www.radio-roliste.net/?p=1707

Mise à jour 3 : si tu veux jouer gratuitement à 17 jeux inspirés par For the Queen et créés par la communauté des rôlistes : https://www.forthedrama.com

Pourquoi c’est si bon

Parce qu’en 30 minutes de jeu, on parvient à avoir une vraie partie de jeu de rôle riche, drôle et captivante. Ajoutes à ça qu’il peut se jouer avec des joueurs ne sachant pas ce qu’est le jeu de rôle et n’ayant pas lu les règles avant. Moi ça m’a retourné la tête !

Les 2 gros points forts de For The Queen : il est accessible et il est malin.

Le jeu est accessible car il parvient :

    • à rendre inutile le rôle du facilitateur qui bien souvent a besoin de lire les règles d’un jeu avant la partie pour le présenter.
    • à expliquer ses règles tout en jouant : les joueurs lisent les instructions à tour de rôle et en faisant ça, ils commencent déjà à mettre en pratique une partie de la mécanique du jeu.
  • à te permettre de te lancer immédiatement, quelque soient tes habitudes de jeu, ton expérience des jeux de sociétés/rôles. Tu pourrais tout aussi bien ignorer complètement ce qu’est un jeu de rôle et débuter sans problème une partie là, maintenant. Je l’ai vu à plusieurs tables, et je t’assure que ça fonctionne.

Malin, il l’est ! J’ai pu retrouver plusieurs idées déjà vues auparavant et très bien exploitées ici :

    • nous créons les personnages et l’univers tout en jouant : j’adore ce principe ! rien de tel pour avoir des personnages riches, qui profitent des apports de l’ensemble des joueurs autour de la table. Rien de tel aussi pour me mettre à l’aise et me permettre de me faire surprendre par mon propre personnage !
    • le jeu joue à fond sur les non-dits,  sur le hors champs. Et ça, c’est tellement booon : avec un minimum d’éléments de jeu, on créé une impression assez comparable à l’effet d’une bande dessinée où entre 2 cases le lecteur est amené à remplir les blancs. A ton tour, tu pioches une carte sur laquelle est indiquée une question. Les questions tournent autour de la relation entre nos personnages et la Reine, un personnage que personne ne joue. Cela signifie qu’alors que nous développons nos personnages et l’univers, nous créons en même temps “en creux” ce personnage de la Reine. Voir ce personnage se construire ainsi grâce aux apports de l’ensemble des joueurs est vraiment excitant et fun. La Reine est toujours un personnage riche, complexe et qui offre de nombreuses “prises” aux joueurs pour jouer.
    • le mécanisme de sécurité est embarqué dans le jeu, et il sert également à bien d’autres choses ! Au début d’une partie, les règles (qui sont lues à voix haute à tour de rôle par les joueurs) introduisent une carte X. Et cette carte X fonctionne aussi bien pour retirer du jeu un contenu qui met à mal à l’aise un joueur que pour indiquer qu’un contenu n’est pas dans le ton de la partie, ou qui est redondant avec quelque chose déjà évoqué. Brillant. C’est simple, fluide, évident et immédiatement compris à la table sans avoir besoin d’en dire d’avantage.
    • le jeu repose intégralement sur une écoute active et sur la participation constante de l’ensemble des joueurs. Tu es invité à poser des questions pour que le joueur actif clarifie, détaille, enrichisse ou nuance ses réponses. “Le jeu de rôle est une conversation” ou “poses des questions !”, et bien c’est exactement vers cela que le jeu nous amène immédiatement : il pousse l’ensemble de la table à se poser des questions, à installer un dialogue continue entre l’ensemble des joueurs. Et c’est génial ! encore plus lorsque l’on voit des joueurs débutants mettre ça en pratique.
    • le jeu fonctionne aussi bien avec des enfants que des adultes. J’y ai joué avec 6 autres joueurs, dont 2 adultes et 4 enfants, tous débutants voir ignorant ce qu’est le jeu de rôle. Et comme à la fin de chaque partie que j’ai joué, la première chose que j’ai entendu c’est : “On y rejoue ?”
  • dernier argument de poids : le matériel de jeu. Tout le jeu tient dans un paquet de environ 70 cartes. C’est particulièrement utile à présenter et manipuler à la table. C’est surtout un formidable appel à la modification du jeu (mais j’y reviendrai).

J’aime la Reine, mais je l’ai quand même trahie

Alors, à quoi ça ressemble une partie de For the Queen ? Et bien chaque partie que j’ai joué ne ressemble en rien aux précédentes, et ça tient au fait qu’il n’y a pas d’univers de jeu pré établit.

En quelques parties, nous sommes allé dans l’espace à la rencontre d’une race extra terrestre. Nous avons voyagé vers la montagne de la mort à la recherche d’un puissant artefact. Nous avons chevauché dans les steppes arides.

Mais il y a tout de même des points communs. Le jeu tourne autour d’une question finale, car la carte qui mettra fin à la partie est toujours la même : “La reine est attaquée. La défendez-vous ?”.

Oui, tu vois venir le truc : le jeu va tourner autour des notions de fidélité, de traîtrise, de trahison, de sens du devoir, de l’honneur des personnages.  A cela s’ajoute l’amour pour notre Reine. Cette Reine qui sera tantôt aimante, douce. Mais également capable de la plus abjecte cruauté “pour le bien du royaume”.

Et cela crée à la table une ambiance enjouée, détendue et propice aux rires : “Quoi ? mais tu viens de dire au tour d’avant que tu étais son garde du corps le plus fidèle ! Comment oses-tu tendre une embuscade à notre Reine ?” etc ..etc ..

Et bien plus encore

Immédiatement après notre première partie cela a paru une évidence aux joueurs : For the Queen est un appel à la création de modifications. De hacks complets avec de nouvelles thématiques. Des cartes supplémentaires, pour par exemple ajouter des interactions plus nombreuses entres les personnages.

Pour peu que tu lises l’anglais, tu peux même y jouer immédiatement sur Roll20 avec du matériel de haute qualité : des illustrations, trois paquets de cartes déjà prêts et des conseils si tu n’es pas familié avec la plateforme.

En conclusion, je dirai que je tiens là un concept fabuleux et qui brille par sa simplicité.

Le genre de jeu qui me donne envie de l’avoir toujours avec moi dans mon sac et de le sortir en toute occasion.

Je ne rêve maintenant que d’une chose : que For The Queen aie une traduction et belle édition française. Et surtout une belle distribution. Ce jeu mérite de figurer dans les étals de boutiques non spécialisées en jeu de rôle et ainsi de trouver son public.

7 Commentaires

    • Merci Gabriel pour votre retour !
      Il m’est impossible de vous fournir la traduction du jeu sans aller à l’encontre des droits de son auteure et de son éditeur.
      Mais n’hésitez pas à jeter un œil à la version Roll20 : les textes ne sont pas très compliqués à traduire avec un dictionnaire sous le coude.

      En revanche, je sais qu’il va y avoir sous peu une forme d’ouverture aux “hacks” de For The Queen, sur le model des jeux Powered by the Apocalypse ou Forged in the Dark. En d’autres termes : l’auteure et l’éditeur autoriseraient alors la création de jeux directement dérivés de For The Queen. Il serait alors possible d’avoir un jeu de rôle tout aussi malin que l’original avec des thèmes différents !

    • Malheureusement je ne peux diffuser ma traduction sans aller à l’encontre des droits de l’auteure et de l’éditeur. La publication prochaine d’un SRD permettra déjà de clarifier les droits pour les hacks du jeu en français

  1. […] Il s’agit d’un jeu de rôle utilisant des cartes, sans meneur de jeu, pour 2 à 5 joueurs. Une partie devrait durer entre une à deux heures. Il se présente sous forme d’un PDF de 19 pages contenant les règles et 54 cartes à découper (bah oui, du coup). Sur le principe, cela a l’air d’être inspiré du très hype For the queen (très bien présenté sur l’excellent site C’est pas du JdR ici : https://www.cestpasdujdr.fr/for-the-queen/). […]

  2. […] C’est un jeu qui marche du tonnerre, non pas parce que je suis une déesse du game design, mais parce qu’il s’agit d’un jeu Descended from the Queen, c’est à dire un jeu directement inspiré de For the Queen, un jeu trop chouette d’Alex Roberts. Vous pouvez trouver une déclaration d’amour et une présentation détaillée de ce jeu sur le blog de Matthieu Bé qui me l’a fait découvrir : https://www.cestpasdujdr.fr/for-the-queen/ […]

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