Interview d’Angela Quidam

/
41 mins read

Je reprends la série d’interviews de belles personnes qui participent activement sur internet à partager leur passion pour les jeux en publiant une interview débutée il y a quelques mois avec angela quidam.

Angela s’est énormément investie sur des projets collectifs ces dernières années et publie de nombreux jeux et illustrations qui me touchent beaucoup.

Bonjour Angela ! Avant de parler de tes passions pour la création, les jeux et le partage, pourrais-tu dire quelques mots à nos lecteurs pour qu’ils puissent faire plus ample connaissance avec toi ?

Que dire en dehors des jeux, il n’y a que ça qui compte ! 🙂 

Blague à part, j’aime beaucoup lire, surtout des textes courts (nouvelles, théâtre, articles, BD) avec une préférence pour la SF d’anticipation et l’Absurde. Je déplore malheureusement une mémoire trop peu entraînée à retenir tout ce que je lis, mais c’est aussi un avantage : ça me permet de redécouvrir à chaque fois les textes, et c’est peut-être pour ça que je préfère les nouvelles aux romans ! 

Dans un autre domaine, qui me passionne autant que la lecture, je trouve les découvertes paléontologiques plutôt cool à suivre, il y a parfois bien plus de rebondissements que ce à quoi on pourrait s’attendre. C’est ma télénovela à moi. Un jour, j’ai l’espoir d’en faire des histoires dessinées, mais je ne suis pour l’instant ni assez satisfaite de mes connaissances sur le sujet, ni de mes illustrations.

Je t’ai connu la première fois sur internet car tu t’impliques dans de nombreux projets, notamment Place To Go People To Be en France (lien vers leur site https://ptgptb.fr/ )  et l’éditeur 500 Nuances de Geek (lien vers leur site https://www.500nuancesdegeek.fr/ ). Peux-tu nous dire en quoi consiste ton travail auprès d’eux?

Tu as repéré les deux associations pour lesquelles je donne le plus de mon temps et qui représentent bien l’ensemble de mes « missions » : traduction, relecture, mise en page, tri. Que des choses que j’aime faire. 

PTGPTB.fr est un site d’articles rôlistes, pour la plupart issus de blogs du monde entier (dans la limite des langues comprises par les rôlistes-membres !). Le fonctionnement de l’asso est très bien géré et je me suis retrouvée au final à participer à l’ensemble du processus : sélection d’articles cool (parfois découverts grâce à la communauté Cest Pas du Jdr d’ailleurs !), traduction et relectures trimestrielles (ça va de pair chez PTGPTB), mise en ligne d’articles, et même conception d’ebooks ! J’ai aussi un peu géré la traduction et mise en ligne de quelques traductions de strips. C’est plutôt cool de varier les tâches, je fais juste attention à ce que ça n’empiète pas trop sur ma santé… 

C’est pour ça que la sortie des ebooks est un peu ralentie, moins régulière, mais à vous qui lisez ces ebooks, je vous rassure je ne vais pas lâcher cette section de PTGPTB ! Pour 500NDG, j’interviens surtout du côté des projets issus des Tipeee de cet éditeur :

  • La Caravelle, qui diffuse des jeux plutôt variés dont je réalise parfois la conception graphique. Les plus récents étant Worlds in Peril et Un grand pouvoir le mois dernier, qui étaient déjà traduits et sur lesquels Hérisson m’a rejoint pour la mise en pages. Les prochains sont La planète sauvage et un supplément pour La Laverie. Je m’attelle aussi parfois à du design plus poussé où je me plonge dans les règles plus que dans l’aspect visuel comme pour Blood Red Sands que je suis en train de relire et d’annoter pour proposer une version plus facile d’accès (comprendre par là que je suis en train d’assimiler les règles verbeuses pour en faire des listes et schémas).
  • ExoGlyphes, qui sert à traduire des romans et nouvelles, souvent de la SF, dont je réalise les ebooks mensuels et les versions imprimées. 
  • Maitre Sinh, gérant de l’asso, a récemment ouvert un 3e Tipeee pour les jeux PnP, plutôt stratégiques et réalistes. On attend de voir s’il y a un engouement sur ça. 

De façon plus anecdotique, je maquette aussi certains projets « commerciaux » de 500NDG (ceux qui sont financés par foulancements), comme un livre de la campagne La Laverie et plus récemment les romans et jeux axés « horreur cosmique » dont Fate of Cthulhu.

J’apprécie beaucoup ce type de structures où le statut associatif prend tout son sens : à l’écoute des propositions de projets/initiatives/articles, ouvertes aux avis, et tout cela dans le respect. Pour être clair, je suis, comme tous les membres, bénévole pour PTGPTB, alors que j’alterne entre bénévolat et intervention rémunérée sur les différents projets de 500NDG. 

La Caravelle était une excellente porte d’entrée dans les « coulisses » du secteur ludique qu’est le JdR, j’ai pu y proposer plusieurs jeux à traduire et me proposer sur pas mal de jeux à maquetter. Même du jeu solo !

Du coup, dans tous ces projets, est ce que tu saurais conseiller à nos lectrices et lecteurs un article ptgptb et un jeu 500ndg sur lesquels tu as pris beaucoup de plaisir à travailler / ou que tu aimerais mettre en avant ?

C’est difficile de choisir car j’ai aimé faire la plupart des projets. 

J’avais déjà mis en avant mon article PTGPTB favori sur la page des 20 ans de l’asso (https://ptgptb.fr/20-articles-pour-les-20-ans), donc je vais plutôt conseiller ici d’aller lire le premier article que j’avais choisi de traduire : Principes de bienséance dans le milieu professionnel du JdR ( http://ptgptb.fr/principes-de-bienseance-dans-le-milieu-professionnel-du-jdr ), l’auteur Monte Cook y liste 10 conseils simples mais parfois oubliés sur la façon d’interagir en tant qu’éditeur ou « pro » avec d’autres personnes, que ce soit les autres maisons d’édition ou les rôlistes. Premier article traduit et déjà la couleur est annoncée sur ce qui m’intéresse ! bienveillance, respect des autres, etc. Dans un registre plus historique, je vous conseille de jeter aussi un oeil à L’improvisation au théâtre (http://ptgptb.fr/l-improvisation-au-theatre), j’ai vraiment adoré le traduire, c’était passionnant et c’était un bon rappel (et enseignement) sur trois grandes formes du théâtre. Si vous avez les mêmes intérêts que moi, je vous conseille de regarder un des articles que j’ai traduits (http://ptgptb.fr/traducteur/angela-quidam) puis de naviguer ensuite sur le site en cliquant sur les tags sous ces articles

En ce qui concerne les jeux 500NDG, j’ai surtout bossé sur les jeux sortis sur le Tipeee La Caravelle (qui sont ensuite généralement diffusés publiquement). J’aimerais mettre Quill en avant, un jeu de Scott Malthouse. C’est un jeu d’écriture en solitaire dans lequel on écrit une vraie lettre mais à un personnage fictif, tout en lançant des dés pour obtenir ou non des points. J’ai l’impression que c’est un des jeux solo les plus connus, en tout cas c’est un des premiers que j’ai vus et qui semble régulièrement cité. Khelren avait traduit le jeu de base en 2016 en passant par La Caravelle. Pendant le peu de temps où j’ai rejoint les groupes G+ dédiés aux JdR, j’avais pas mal lu et échangé avec les « fans » de Quill, et j’avais parlé ensuite du supplément Ink & Shadows (ambiance horreur cosmique) sur le forum 500NDG. Ce qui m’a menée à le traduire et mettre en pages via La Caravelle. J’ai adoré l’illustrer en faisant des taches d’encre sur des formats A3, c’était vraiment cool à faire et je suis plutôt contente du rendu une fois mis en page. Je prévois de traduire les autres scénarios, dont ceux de Tarcisio Lucas qui était extrêmement actif dans le groupe et en a écrit pas mal (la communauté rôliste brésilienne semble très portée sur les jeux solo !). Bon, j’ai l’autorisation de les traduire depuis plus d’un an… mais comme ça ne fait pas partie des priorités urgentes, il faut que je m’organise pour faire ça petit à petit dans les prochains mois. À côté de ça, il y a aussi les scénarios Dread… ces deux jeux sont peut-être mes deux gros coups de cœur de La Caravelle. Ah oui, il y avait aussi La Mort prend des vacances ! Ah il y a tellement de jeux que j’ai aimé traduire et mettre en pages, c’est comme les articles : difficile de choisir mes favoris.

des liens à propos de Quill : https://lite.framacalc.org/quill-rpg.html

Oui je comprends, c’est difficile de choisir et tu as participé à tellement de traduction et projets ! J’ai l’impression que tu t’es vraiment beaucoup investie pour rendre accessible le travail des autres par ces traductions. Tu as une sacré productivité!

En vrai ce qui m’intéresse encore plus c’est de découvrir tes projets à toi. Dans le JDR, pour commencer. Peux-tu nous en apprendre d’avantage sur ta pratique actuelle des JDR? Joues-tu régulièrement aux JDR ? Plutôt en solo ou à plusieurs? En ligne ou en présentiel?

Il y a eu des périodes pendant lesquelles j’étais vraiment très productive et des périodes de néant total. En dehors de mes engagements (par exemple auprès des deux associations dont on parlait juste avant), c’est un peu ma façon de fonctionner : quasi du « tout ou rien ». C’est un peu pareil pour les parties. En ce moment je produis peu et je joue peu.

Ma dernière partie en groupe était il y a environ un mois, entre proches et en présentiel. J’adorerais apprécier faire du JdR en ligne mais je n’accroche pas, peut-être que je devrais tester des parties courtes en temps limité (j’ai écouté récemment des enregistrements de Run Die Repeat sur la chaîne d’Erwik et ça me semble un format très adapté au jeu en ligne !).

Le JdR en ligne ne me motive pas vraiment car j’aime l’aspect activité loin des écrans. J’aime bien les chips aussi, et le papier. Comme je ne suis plus dans un environnement qui m’aide à faire du JdR en présentiel, je n’en fais presque jamais. Sauf du solo. Mais c’est pas du JdR donc ça compte pas (ahah!). Bon, en ce moment je ne joue pas trop en solo mais je continue de faire une « veille » sur itchio en d’en feuilleter (virtuellement) plusieurs. Je considère que lire c’est déjà un peu s’imaginer jouer. J’ai une partie de Journal intime de l’explorateur candide que j’avais laissée de côté depuis un mois et que je reprends petit à petit mais dès que je sortirai de cette période « rien » et j’entrerai de nouveau dans une période « tout » alors sois sûr que je testerai plein de micro-jeux en one shot et que je parlerai de ceux qui m’auront assez plu pour réussir à y jouer… et même à en traduire ! (ou relire ! vu qu’il y a de plus en plus de personnes qui ont l’envie de traduire des petits jeux solo !) 🙂

Je suis donc pour l’instant hors-jeu mais je sens que ma stase se termine bientôt.

Je me retrouve assez dans ton « tout ou rien ». En te lisant je voulais partager avec toi une façon de jouer à distance : depuis for the drama, je joue très souvent uniquement en audio depuis un smartphone. C’est-à-dire que j’ai mon casque aux oreilles et le téléphone dans ma poche. C’est très agréable car ainsi je ne suis pas collé à l’écran et je me sens plus immergé dans la conversation.

En parlant de itchio, tu y publies depuis maintenant 2 ans beaucoup de contenus. Et j’aimerai qu’on s’attarde un instant sur peut-être ce qu’on connait le moins de toi et que je trouve pourtant super intéressant. Angela, depuis 2 ans tu crées et tu partages sur ta page itchio des JDR solo qui ne sont pas des jeux d’aventures ou des donjons. Certains de tes jeux sont même très ancrés dans notre monde contemporain. Je les trouve particulièrement beaux et sensibles dans leur proposition. Peux-tu nous présenter ces jeux solos que tu crées?

Beaucoup de mes créations sur itchio sont en fait des réactions à des game jams : soit l’idée était déjà présente depuis longtemps et la jam était l’occasion de la mettre en forme, soit l’idée venait grâce à la thématique de la jam. Dans tous les cas, chaque projet représente une facette de qui je suis (comme chaque créateurice : il n’y a pas de meilleure présentation d’artiste qu’une visite guidée – chronologique ou thématique – dans ses œuvres).

En juin 2019, j’ai publié mes 3 premiers projets : Two seeds ; but no more is here ; et archeo. Premier constat : mes titres ont rarement de majuscules, comme mon pseudonyme. Second constat : ces 3 projets représentent probablement un condensé de qui je suis. Peut-être le fait de faire ça dans mon coin, sans être suivie de qui que ce soit et sans vraiment souhaiter qu’ils soient lus/joués (sauf archeo, je suis avide de retours), permettait de créer de façon quasi-spontanée et presque secrète des choses plus ou moins personnelles.

  • but no more is here n’est pas un jeu ni un texte intéressant en soi. Mais ça a une grande valeur personnelle car c’est en partie ce projet qui m’a « donné la permission » de créer et publier des choses publiquement. C’est quelque chose que j’ai écrit d’après la consigne de la Libre Baskerville Jam, la première game jam lancée par Jared Sinclair : « écrivez 1 recto-verso jusqu’à atteindre la fin du document, sans revenir en arrière, sans rien éditer, sans rien ajouter ensuite ». Cette consigne est très libératrice, je n’hésiterai pas à participer de nouveau à ce type de jams où les participations ne sont pas incroyables niveau qualité, mais étaient assez représentatives de leurs auteurices… « Écris sans la possibilité d’effacer et tu verras qui tu es actuellement ». C’est une expérience que je conseille en tant qu’outil libérateur, j’en parlerai plus en détails un jour sur mon blog. Mais un truc écrit rapidement en 2019, ça fait déjà loin, il est certain que je devrais retenter l’expérience au moins une fois par an, histoire de se débloquer l’esprit.
  • Même si « analyser » but no more is here montre qui je suis (ou étais), Two-seeds est bien plus explicite sur la page du projet. Et bien (trop) généraliste quand on y joue. Sur la page itchio de Two seeds, j’explique l’origine du projet : mon envie d’écrire un jeu sur l’asexualité à l’occasion d’une Gayme Jam. Car je trouvais que cette orientation sexuelle était bien trop invisibilisée. C’est encore le cas mais il y a de plus en plus de jeux/personnages à ce sujet, et même une journée mondiale depuis cette année ! Bref, Two seeds n’est finalement pas spécifiquement à propos de ça car, je ne sais plus exactement pourquoi (peut-être simplement car c’est un sujet personnel dont je ne parle presque jamais), je l’ai rendu bien plus général : on y joue juste quelqu’un qui se sent hors des normes (sur le recto Be the tree) ; ou le parent de cette personne (sur le verso Don’t cut the tree). C’est un micro-jeu d’écriture épistolaire (solo) en une feuille recto-verso. Pour chaque face, un personnage/point de vue différent. J’aime toujours autant ce format, moins la façon indécise dont j’ai traité le sujet, même si proposer des personnages fictifs de type Mafia/Chef de donjon/roi… permet de transposer des normes contemporaines dans un univers fictif. Dans Two seeds, on peut à peu près placer n’importe quelle thématique liée à la remise en question de normes.
  • archeo est, à mon grand désarroi, un projet incomplet. C’est un prototype que je voulais entre le jeu de cartes et le jeu de rôles. Il y a plusieurs cartes (une planche A4 à découper), à placer en pioches représentant des sites de fouilles avant la construction d’un bâtiment. C’est le principe de l’archéologie préventive, avant de construire, on vérifie qu’il n’y a rien de précieux et d’enfoui. C’est un jeu de pioche avec 4 piles de cartes, et on a droit de piocher 8 cartes. J’avais aussi voulu intégrer un choix moral dans le jeu, c’est surtout là qu’intervient la touche jeu de rôle : vous écrivez une lettre pour déclarer vos trouvailles, si vous annoncez avoir trouvé quelque chose, le chantier est reporté voire annulé, mais peut-être le constructeur vous a proposé un pot-de-vin en échange de votre silence sur la découverte ? Mais je n’avais pas réussi à bien formaliser la partie « jeu de rôle/écriture de lettre ». C’est donc encore un projet en stand-by, un prototype. J’ai toujours autant envie de le compléter, sans trop rallonger les règles. Enfin, même si je ne suis pas très calée niveau archéologie, je voulais quelque chose qui montre des objets réalistes (avec l’exemple du casque viking : sans cornes). Il y a, dans ces cartes, deux petites références montrant deux univers que j’apprécie beaucoup.

Par la suite, j’ai écrit d’autres petits jeux solo, des expérimentations du type « regarde tes chaussures pour savoir comment tu marches », en explorant les formats possibles (cartes de visite, lettres, enregistrement audio, envoyer un message, déchirer le jeu…) et en parlant de thématiques qui font partie de qui je suis ou de ce que j’aime (un hommage à Douglas Adams, des tentatives de projets sur le regard des autres sur l’étranger/la différence, un jeu pour jouer des non-humains pris en chasse par un humain, etc.). Je pense avoir beaucoup appris en 3 ans, même si mes thématiques ne changent pas.

Il y a un projet qui fut très formateur et libérateur, quelques mois après la jam : le Rolistober 2019, sur une idée de Gobelin Nounours. Ce défi consiste à reprendre les mots de l’inktober pour créer des éléments de JdR. Chaque jour j’écrivais une idée plus ou moins jouable, en quelques phrases et avec un dessin (souvent fait rapidement pendant une courte pause). C’était très épuisant mentalement mais j’en suis toujours aussi fière. Il y a des choses jetables dedans mais aussi plein de petites expérimentations qui mériteraient peut-être d’être développées : utiliser des domino, déchirer la carte personnage, créer un supplément à un jeu fait pour être injouable, cacher un message que l’on ne retrouvera plus tard qu’en rangeant… Bien sûr, plusieurs idées ont déjà été développées par d’autres, avant ou après mon rolistober, et j’adore découvrir ce genre de jeux !

Je me retrouve beaucoup dans ta démarche de création de jeu! Dans tes créations, il y a des jeux destinés à être joués, d’autres qui sont plus des objets à observer – leur intérêt est avant tout d’être là, d’exister. On pourrait presque les appeler des « jeux poèmes ». Ils peuvent avoir quelque chose à montrer, un message. Ou juste être des petites curiosités simplement là pour susciter une émotion ou la curiosité. Est-ce que tu es d’accord avec cette proposition ? Comment considères-tu ces jeux qui ne sont pas destinés à être joués ?

C’est un peu ça, certains projets peuvent être considérés comme des game poems ou jeux poèmes, surtout dans le rolistober avec un exemple de « jeu » jouable uniquement pendant un évanouissement (donc, injouable). À l’heure actuelle je ne sais pas comment considérer ces jeux, ils me semblent assez minoritaires même si j’ai très envie d’en écrire d’autres et de m’amuser sur leur mise en forme. Les autres jeux sont en effet les témoins d’une émotion, ou sont là pour susciter la curiosité ou juste partager quelque chose d’implicitement personnel. Je ne sais donc pas trop comment les considérer, mais ça me semble plutôt pratique pour avancer et témoigner de mon « parcours créatif » – si on peut appeler ça comme ça – en expérimentant des supports de publication numériques

Est-ce que tu peux nous présenter les projets que tu as mené avec ton amie Hérisson?

On a pour l’instant diffusé assez peu de projets en duo, ils sont consultables sur itchio. Je regrette que l’on ne commence que maintenant et qu’on ait loupé de nombreuses occasions de créer ensemble lorsque l’on étudiait au même endroit, mais on compensait ça avec des parties plutôt régulières !

On a plusieurs idées en brouillon voire en cours de réalisation, mais voici déjà les projets que l’on a réalisé ensemble et qui sont diffusés en ligne :

  • Le Calendrier de l’Aventure. C’était une initiative caritative menée en décembre 2020 avec 3 autres personnes très cool : Jan van Houten, Guillaume Jentey et Sylphelle. Chaque personne a écrit plusieurs pages de « surprises rôlistes ». On a écrit et illustré en duo un générateur de créatures, accessible tout âge, sous forme de jeu de dessin. On a aussi réalisé ensemble la mise en pages du projet.
  • Ensuite, on a proposé notre générateur de monstres en anglais pour l’intégrer à un bundle caritatif de jeux solo. On a pu voir pas mal de dessins de rôlistes (ou de leurs enfants) anglophones et c’est chaque fois incroyable d’en recevoir un nouveau !
  • Mini Larvae est un petit livret destiné à La Couvée ou tout autre jeu dans ce style. Sur un coup de tête, j’ai réalisé quelques illustrations de créatures. À partir de celles-ci, Hérisson a écrit et maquetté ce mini bestiaire/supplément avec brio et ça le rend génial. Je souhaite continuer de créer avec elle ce genre de projets, sans se pendre la tête et en allant aussi vers des choses un peu plus développées avec des projets parfois plus gros.

Il faut savoir aussi qu’on se conseille sur plusieurs projets individuels, en fait on n’est jamais bien loin l’une de l’autre même si de longues périodes nous séparent parfois. C’est une personne qui m’est chère, notre amitié est solide et je souhaite que l’on trouve un équilibre et une régularité de création. On prévoit pas mal de choses et on se laisse le temps de les réaliser. On attend d’ailleurs impatiemment l’ouverture d’un nouveau site de foulancement (annoncé comme plus éthique et horizontal que Patreon ou Tipeee) pour proposer publiquement du contenu !

Je te remercie pour le temps que tu m’as accordé pour mener cette interview. Pour conclure, peux-tu présenter ton site internet https://ermites.club ?

C’est un blog sur lequel je présente des jeux solo que j’ai testés, et plus généralement le jeu en solitaire. Je voulais parler de beaucoup de jeux publiés sur itchio mais leur nombre ne fait que grandir sans cesse ! Alors je tiens ce blog sans me mettre de pression, les articles sont donc irréguliers et j’y parle autant de jeux disponibles en anglais qu’en français. Le but est d’avoir un nouveau lieu-ressource pour toute personne intéressée par le JDR solo mais ne lisant pas ou peu l’anglais. En plus, le nom de mon blog n’est ni religieux ni ornithologique mais est tiré d’une citation d’une série britannique… ai-je bien bouclé la boucle ? 🙂

Il faut savoir qu’il existe un blog francophone très cool nommé Héros Solitaire, géré par une personne tout aussi cool, et répertoriant de très bonnes ressources dont pas mal d’outils pour adapter un jeu « habituel » à une pratique solitaire. J’ai souvent fait référence à ce blog. Mon blog Ermites club a plus ou moins vocation à être complémentaire car je n’y parle que de jeux explicitement écrits pour être joués en solitaires, et j’y présente surtout des jeux courts et inhabituels où l’on va par exemple ludifier le rangement d’une pièce ou écrire une lettre à notre futur plutôt que partir en quête de gloire. D’autres sites francophones parlent aussi de JDR solitaire, mais ce n’est jamais leur sujet principal alors que plusieurs sites anglophones y sont entièrement dédiés. Avec le petit engouement des deux dernières années pour le JDR solo, c’était dommage d’avoir si peu de ressources et d’infos en français.

En plus des articles parlant de tel ou tel jeu, je souhaite aussi présenter le JDR solitaire de façon plus générale. C’est pour cela que j’ai une page nommée « JDR solo ? » qui répertorie plusieurs liens vers d’autres blogs, articles et vers le Discord francophone. Je prévois aussi une page « Découverte » pour orienter les personnes curieuses vers un jeu en particulier selon ce qui les intéresse spécifiquement. En attendant, une autre page est déjà prête et sera très bientôt en ligne, il s’agit de la première version d’une frise chronologique retraçant l’Histoire du JDR en solitaire. Retracer cette Histoire n’est pas simple, mais c’est quelque chose de passionnant. Quelque chose qui n’a été possible que collectivement… Comme quoi, se retrancher en solitaire sur sa montagne c’est cool, mais les ermites aiment aussi se réunir pour se raconter des histoires !

Merci beaucoup Angela Qudam pour le temps que tu m’as consacré ! Je suis certain que beaucoup de personnes seront ravies de t’avoir découverte !

Pour finir, je vous partage un petit portrait chinois de rôliste dont la trame a été concoctée par la généreuse Erell :

Si j’étais ..je serais …
un jeu de rôlecoopératif
un déen bois avec une bille d’argent en son coeur
un système de jeuà rôles cachés (même pour la joueuse concernée) et basé sur du pierre-feuille-ciseaux
un univers de jeucontemporain sombrant peu à peu dans le body horror
un alignementneutre changeant
un genre de JdRSF
un PJdruide solitaire parcourant les galaxies à la recherche du meilleur thé
un accessoire de jeudes dominos dans des chapeaux
une compétencela plus inutile proposée par le jeu, pour créer une scène comique
un·e auteurice de JdRfatiguée
une convention JdRaccessible
une créature dans un jeuun archétype jouable
un sortla chronokinésie (modifier l’écoulement temporel)
une couverture d’un jeubleue translucide
un carte ou un planà dessiner pendant la partie, sur toute la largeur d’un mur et à plusieurs mains
une classe de personnageschasseur (d’êtres humains)
un PNJle PNJ caché et un peu énervant qui donne une quête cryptique et annonce, lorsque celle-ci est résolue, que la récompense c’est l’amitié créée entre les PJ, tout en glissant un objet rare dans la poche d’un des PJ histoire de créer un peu la zizanie 🙂

Voici les liens où vous pourrez retrouver Angela Quidam sur le web :

Laisser un commentaire

Préc.

Reimagined

Les derniers de Actualités

Reimagined

Reimagined est un jeu de rôle qui nous propose de jouer avec les fanfictions. C’est un

#LeTTRPG

#LeTTRPG est un nouveau hashtag pour mettre en avant les créatrices et créateurs de jeux de

Translate »
Aller au contenu principal